La proclamation de la réélection du président Paul Biya pour un huitième mandat, annoncée lundi par le Conseil constitutionnel avec 53,66 % des voix, a engendré une crise politique majeure et des violences dans les grandes villes du Cameroun.

Le scrutin est vivement contesté par le principal opposant, Issa Tchiroma Bakary (35,19 % selon les résultats officiels), qui rejette le verdict et appelle ses partisans à maintenir la mobilisation contre ce qu’il qualifie de «mascarade» électorale.
Répression Violente et Bilan Humain
Les manifestations post-électorales qui ont éclaté notamment à Garoua (fief de l’opposant), à Douala et à Yaoundé, sont confrontées à une répression musclée et sanglante des forces de l’ordre.
*Bilan des Morts : Le gouvernement camerounais a reconnu l’existence de morts dans ces violences post-électorales, sans fournir de décompte précis. Cependant, des sources non officielles et des médias locaux font état d’un bilan d’au moins 10 morts dans l’ensemble des affrontements. L’opposant Issa Tchiroma Bakary a lui-même fait état de décès devant sa résidence à Garoua, et il a été rapporté que quatre personnes seraient décédées lors de manifestations à Douala, selon certaines sources.
*Usage de la Force : Des ONG comme Human Rights Watch dénoncent « l’usage excessif de la force » par les forces de sécurité pour disperser les rassemblements.
Réactions Internationales Ambigües
Les réactions internationales face à cette situation volatile sont contrastées :
*L’Union Africaine (UA) a adressé ses félicitations au président Paul Biya pour sa réélection, dans la lignée de la reconnaissance des résultats officiels. Néanmoins, elle a également exprimé sa vive préoccupation face aux violences et a déploré la répression des manifestants et les arrestations signalées.
*L’Union européenne (UE) a quant à elle seulement « pris note » des résultats, refusant de féliciter le vainqueur et exigeant la libération des personnes détenues arbitrairement.
*Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a appelé à la retenue et à l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur ces violences.
Malgré les condamnations de la répression, l’appel au dialogue et la stabilité nationale reste le mot d’ordre des institutions africaines et internationales, tandis que les tensions persistent dans le pays.

