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TENTATIVE DE COUP D’ÉTAT A BISSAU : Nouvelle crise d’instabilité militaire

Le président de la République de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, a annoncé avoir déjoué une nouvelle tentative de coup d’État impliquant des militaires. Cette annonce, faite dans un pays déjà miné par une instabilité politico-militaire chronique, est suivie par une vague d’arrestations au sein du commandement militaire, ravivant les craintes d’une nouvelle escalade.

L’annonce du président et les arrestations

Dans une allocution, le Président Embaló, qui est également le commandant en chef des armées, a affirmé que les forces de sécurité loyales à l’ordre constitutionnel avaient identifié et neutralisé les auteurs de cette manœuvre séditieuse. Des arrestations de plusieurs militaires impliqués ont été confirmées, visant des éléments soupçonnés d’avoir planifié de renverser le pouvoir, selon les déclarations du chef de l’État.

Cette situation survient dans un contexte politique tendu, où le président Embaló fait face à une opposition contestataire, notamment autour de la durée de son mandat, qui fait l’objet de débats constitutionnels. La Guinée-Bissau, depuis son indépendance en 1974, a connu une vingtaine de coups d’État ou tentatives, faisant de l’ingérence de l’armée dans les affaires politiques un fléau national.

Le rôle ambigu du commandement militaire

Le commandement militaire, traditionnellement une force influente et souvent perturbatrice dans la politique bissau-guinéenne, est au cœur de cette nouvelle crise. Si l’état-major général des armées a affirmé avoir coopéré pour déjouer le complot et a annoncé l’identification des mutins, les détails précis de l’implication des hauts gradés demeurent flous.

Il est crucial de déterminer l’identité des militaires arrêtés et leur appartenance pour évaluer la profondeur de la menace et les motifs réels de cette tentative de putsch. Les précédents coups d’État ont souvent été liés non seulement à des rivalités politiques, mais également à des enjeux économiques majeurs, notamment le trafic de drogue qui gangrène une partie de l’appareil d’État et militaire, un combat que le Président Embaló a promis de mener.

Appel au calme et risque d’instabilité

Les acteurs politiques, y compris le PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), souvent au centre des rivalités de pouvoir, surveillent l’évolution de la situation. Le pays se trouve à nouveau à un carrefour où l’autorité civile et le respect de la légalité constitutionnelle sont mis à rude épreuve par les ambitions militaires.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et les Nations Unies sont appelées à exhorter les forces armées à s’abstenir de toute ingérence dans la politique nationale et à garantir la protection du processus démocratique et de l’ordre constitutionnel. La stabilité de la Guinée-Bissau reste un défi majeur pour la région.

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