La Tanzanie est plongée dans une crise politique et sécuritaire suite à la proclamation des résultats des élections présidentielles et législatives. Les violences ont éclaté après le scrutin, alimentées par les contestations du principal parti d’opposition, Chadema, qui, exclu des élections, dénonce des fraudes massives et un processus illégitime, et avait appelé au boycott.
Point de la situation politique
La situation politique demeure extrêmement tendue et sous haute surveillance en cette fin de journée du vendredi 31 octobre 2025. Le pays vit sous une forte pression sécuritaire, les forces armées ayant été déployées. La présidente Samia Suluhu Hassan observe un silence remarqué sur les troubles, tandis que la seule déclaration officielle significative est venue du chef des armées, qui a qualifié les manifestants de “criminels“, affirmant que les forces contenaient la situation. L’opposition maintient son rejet des résultats. Les autorités continuent de cibler des figures clés, comme le chef de Chadema, Tundu Lissu, qui fait l’objet de poursuites pour trahison.

Bilan des morts et blessés : Chiffres écartelés
Le bilan humain des violences post-électorales est source d’une vive polémique et varie considérablement selon les sources, le gouvernement n’ayant communiqué aucun chiffre officiel. Le principal parti d’opposition, Chadema, avance un bilan extrêmement lourd d’environ 700 morts, une estimation qu’il dit avoir recueillie en visitant les hôpitaux du pays. Ce chiffre, qualifié de “plutôt crédible” et corroboré par une source sécuritaire contactée par l’AFP, est néanmoins contredit par d’autres évaluations : Amnesty International, par exemple, a reçu des informations faisant état d’au moins 100 morts sur les deux derniers jours. De son côté, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a déploré l’ajout de dix nouveaux décès ce vendredi à Dar-es Salaam. Le gouvernement tanzanien dément formellement ces chiffres, accusant l’opposition de manipulation et récusant tout “usage excessif de la force”.

Les forces de sécurité maintiennent une forte présence et seraient déployées dans les hôpitaux pour tenter de “contrôler le narratif” sur le nombre réel de victimes, selon des sources d’organisations de défense des droits humains. La diaspora tanzanienne continue de se mobiliser en ligne pour soutenir les manifestants et analyser la situation. La communauté internationale reste extrêmement préoccupée par l’escalade des violences et l’absence de transparence sur le bilan, le Haut-Commissariat de l’ONU ayant d’ailleurs appelé les forces de sécurité à ne pas recourir à une force “non nécessaire ou disproportionnée” contre les manifestants.

