Le lundi 13 octobre 2025, le Cameroun s’est réveillé dans l’attente des résultats de l’élection présidentielle à un tour qui s’est tenue la veille. Le scrutin a vu le président sortant, Paul Biya, 92 ans et 43 ans au pouvoir, briguer un huitième mandat face à une douzaine de candidats d’opposition.

Le vote, auquel étaient appelés environ huit millions de Camerounais, s’est majoritairement déroulé dans le calme, selon le gouvernement. Néanmoins, l’atmosphère est restée tendue, la campagne ayant été marquée par l’exclusion de figures majeures de l’opposition et la crainte d’une faible participation, notamment dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, en proie à un conflit armé.
Début du dépouillement et allégations de fraudes
Le dépouillement, qui a débuté dimanche soir après la fermeture des bureaux de vote, est déjà entaché d’allégations d’irrégularités. Des observateurs et des électeurs ont fait état de tensions dans certains bureaux, notamment à Douala, où la découverte de doubles bulletins (deux bulletins identiques du parti au pouvoir dans la même enveloppe) a soulevé des accusations de fraudes massives. Bien que le Code électoral stipule que ces doubles bulletins ne comptent que pour une seule voix, ces incidents ont provoqué des échauffourées et des protestations, nécessitant parfois l’intervention des forces de l’ordre.
Parallèlement, la nervosité s’est manifestée à Yaoundé, où des partisans du candidat d’opposition Issa Tchiroma Bakary ont célébré des résultats non officiels le plaçant en tête, un enthousiasme inédit qui témoigne du désir de changement après quatre décennies de règne de Paul Biya.
L’attente des résultats officiels
Alors que les rumeurs et les résultats partiels non officiels circulent activement, les autorités ont réitéré l’interdiction de publier des résultats avant la proclamation officielle. Seul le Conseil constitutionnel est habilité à annoncer le vainqueur. L’institution dispose d’un délai légal jusqu’au 26 octobre pour proclamer les résultats définitifs. D’ici là, le Cameroun reste suspendu entre la routine d’un système politique établi et les espoirs d’une opposition réorganisée. La pression est forte sur les autorités pour garantir la transparence du processus et éviter les contestations post-électorales.