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    NIGER – URANIUM : Le risque de bousculer les équilibres énergétiques mondiaux

    La RédactionBy La RédactionFebruary 18, 2026No Comments3 Mins Read
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    Picture shows the logo of Orano, the new brand name of Areva, taken in front of the Areva headquarters in La Defense business district in Courbevoie, outside Paris, on January 23, 2018. (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)
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    Le paysage minier sahélien est en train d’être redessiné sous nos yeux. En ce mois de février 2026, le contentieux historique entre le Niger et le groupe nucléaire français Orano (anciennement Areva) a atteint un point de non-retour, marqué par une offensive juridique sans précédent et un jeu d’échecs géopolitique où la souveraineté nationale est le maître-mot.

    Une offensive juridique et environnementale

    La rupture, entamée lors du changement de régime en juillet 2023, s’est judiciarisée de manière spectaculaire début février 2026. Le gouvernement nigérien a officiellement installé un comité d’experts chargé de documenter ce qu’il qualifie de « préjudices massifs ». Au-delà du simple partage des revenus, Niamey attaque désormais sur le terrain de la responsabilité civile et environnementale.

    Les autorités accusent Orano d’avoir laissé un héritage toxique après cinquante ans d’exploitation : des millions de tonnes de résidus radioactifs stockés à l’air libre près d’Arlit, menaçant la santé des populations et les nappes phréatiques. En portant plainte pour « atteintes graves à l’environnement », le Niger ne cherche plus seulement à renégocier des contrats, mais à obtenir des réparations financières se comptant en milliards de francs CFA.

    La bataille des stocks et du contrôle

    Le point de friction le plus brûlant concerne la Somaïr, l’unique mine encore en activité. Après la nationalisation de fait en juin 2025, un bras de fer s’est engagé autour d’un stock stratégique de près de 1 600 tonnes de concentré d’uranium (yellow cake), d’une valeur marchande dépassant les 300 millions d’euros.

    Alors qu’Orano a lancé plusieurs procédures d’arbitrage international devant le CIRDI pour contester ce qu’il considère comme une expropriation illégale, le général Abdourahamane Tiani a créé la surprise ce 16 février 2026. Dans un geste aux allures de compromis tactique, le chef de l’État s’est dit prêt à «restituer» à la France la part d’uranium produite avant la nationalisation, tout en réaffirmant que l’intégralité de la production actuelle appartient désormais exclusivement au peuple nigérien.

    La fin d’un monopole et l’ouverture au monde

    Ce contentieux marque surtout le crépuscule de la domination française sur l’uranium nigérien. Le retrait du permis d’exploitation du gisement géant d’Imouraren en 2024 a ouvert la voie à de nouveaux partenaires. Aujourd’hui, Niamey regarde vers l’Est. Des mémorandums de coopération ont été signés avec la Russie, tandis que des délégations iraniennes et turques se succèdent à Niamey.

    Pour la France, l’enjeu est la diversification de ses sources d’approvisionnement (Kazakhstan, Canada, Australie). Pour le Niger, l’objectif est d’atteindre une véritable indépendance économique. Comme l’a souligné le Président Tiani lors de son entretien du 18 février : «Le Niger ne veut plus être un simple réservoir de matières premières, mais un acteur souverain de son propre développement.»

    En 2026, l’uranium n’est plus seulement un métal ; c’est le symbole d’une Afrique qui réclame la pleine propriété de son sous-sol, au risque de bousculer les équilibres énergétiques mondiaux.

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