Le Mali fait face à une crise énergétique et logistique sans précédent, provoquée par le blocus stratégique de carburant imposé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Cette action, qualifiée de « djihad économique » par certains analystes, paralyse l’économie, les services publics et exacerbe la crise humanitaire.
L’Arme du Blocus : Étrangler les flux vitaux
Depuis début septembre 2025, le JNIM (ou GSIM) a intensifié ses attaques ciblées contre les camions-citernes et les transporteurs acheminant du carburant depuis les pays voisins (notamment le Sénégal et la Côte d’Ivoire). Cette stratégie vise à assécher l’approvisionnement du pays enclavé, notamment vers la capitale Bamako et les grandes villes comme Ségou, Sikasso, Mopti et Kayes.

Les conséquences sont immédiates et dramatiques
Il s’agit d’une pénurie aiguë : le carburant (essence et gazole) est devenu une denrée extrêmement rare. Les files d’attente devant les stations-service s’allongent pendant des heures, voire toute la journée, obligeant de nombreux Bamakois à camper devant les pompes.
Et comme il fallait s’y attendre, le pays connaît une explosion des prix des produits pétroliers. La rareté entraîne une envolée du prix des carburants et, par ricochet, des biens de première nécessité. Dans des localités assiégées, le prix des denrées a grimpé, poussant des habitants à fuir la famine.
Conséquences socio-économiques massives
L’impact du blocus dépasse largement le simple secteur des transports, touchant directement la vie quotidienne des Maliens :
*Paralysie de l’Éducation : Face à l’impossibilité pour les élèves et le personnel de se rendre dans les établissements, le pouvoir militaire a été contraint d’annoncer la suspension des cours dans l’ensemble des écoles et universités du pays, effective jusqu’à début novembre.
*Ralentissement Économique : De nombreuses entreprises et activités économiques sont à l’arrêt, provoquant chômage forcé, baisse du pouvoir d’achat et une pression accrue sur le gouvernement.
*Crise Humanitaire : Le blocus entrave l’acheminement de l’aide humanitaire et des produits alimentaires essentiels, faisant craindre une aggravation de l’insécurité alimentaire.
La position du JNIM et la riposte de l’État
Le JNIM utilise ce blocus comme un outil de pression contre les autorités de transition, cherchant à affirmer son contrôle sur les routes et l’économie du pays. Cette manœuvre stratégique met en lumière la vulnérabilité logistique du Mali et sa forte dépendance aux importations.
Face à cette situation, les autorités assurent qu’il s’agit d’une crise passagère et ont promis de sécuriser les convois de camions depuis les corridors d’approvisionnement jusqu’aux sites de consommation. Cependant, le succès de cette stratégie dépendra de la capacité de l’armée malienne (FAMa) à sécuriser durablement des axes routiers majeurs et à neutraliser les barrages djihadistes.
Ce blocus du carburant est désormais l’un des défis majeurs auxquels sont confrontée la junte militaire, les groupes armés exploitant la dépendance du pays comme une arme de guerre.