La journée de samedi 11 octobre 2025 à Abidjan a été marquée par la tentative de l’opposition ivoirienne d’organiser une marche de protestation, qui avait été interdite par les autorités. La manifestation, menée par le «Front commun» de l’opposition, visait à dénoncer notamment l’exclusion de plusieurs figures majeures de l’opposition de la course à l’élection présidentielle du 25 octobre, suite à des décisions du Conseil constitutionnel.
Malgré l’interdiction notifiée la veille, des militants et sympathisants de l’opposition ont tenté de se rassembler dans plusieurs quartiers d’Abidjan, en particulier à Blockhaus. Les forces de l’ordre, déployées en grand nombre, sont rapidement intervenues pour disperser les manifestants.

L’opération a été menée à coups de gaz lacrymogène, empêchant la constitution de cortèges significatifs. Les médias rapportent que plusieurs dizaines de jeunes militants ont été interpellés, parfois de manière brutale, selon des témoignages de manifestants. Ces arrestations s’ajoutent à une série d’incarcérations de membres de l’opposition dénoncée par les partis depuis le mois de juin.
Cet événement survient en pleine campagne électorale, dans un climat politique très tendu. L’opposition réclame des élections justes, inclusives et pacifiques, critiquant le rejet des candidatures de plusieurs leaders importants (dont Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro) pour diverses raisons (radiation des listes électorales, condamnations pénales, questions de nationalité).
Les deux principaux partis d’opposition, le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), ont d’ailleurs appelé, suite à ces événements, à des manifestations quotidiennes jusqu’au scrutin, marquant une nouvelle escalade dans la crise pré-électorale.
Le Conseil constitutionnel, dont les décisions sur les candidatures ne sont “susceptibles d’aucun recours” selon le Conseil national de sécurité (CNS), est au cœur des contestations. La campagne pour les cinq candidats autorisés au scrutin du 25 octobre se déroule dans ce contexte de fortes tensions politiques.

