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CONGO-BRAZZAVILLE/ Denis Sassou-Nguesso face au défi d’une longévité record

Le paysage politique de la République du Congo reste marqué par l’hégémonie de Denis Sassou-Nguesso. À 82 ans, celui que ses pairs surnomment parfois «l’Empereur» vient de franchir une nouvelle étape majeure de sa longue carrière politique lors du scrutin présidentiel de mars 2026.

Le contexte du scrutin de 2026

Le 15 mars 2026, les Congolais se sont rendus aux urnes pour une élection où le président sortant partait avec un avantage écrasant. Investi dès décembre 2025 par son parti, le Parti Congolais du Travail (PCT), Denis Sassou-Nguesso a officialisé sa candidature en février 2026 à Brazzaville.

Sa campagne, axée sur la « continuité », la « paix » et un « retour à la terre » pour diversifier l’économie nationale, a bénéficié d’une machine électorale parfaitement huilée face à une opposition fragmentée et affaiblie.

Les candidats en présence

Sept candidatures ont été validées pour ce scrutin, bien que le déséquilibre des forces soit resté flagrant : Denis Sassou-Nguesso (PCT) : Grand favori, fort de plus de 40 ans de pouvoir cumulés. L’opposition en retrait ; plusieurs figures historiques et mouvements, tels que l’UPADS (premier parti d’opposition au Parlement), ont choisi le boycott ou n’ont pas présenté de candidat, estimant que les conditions d’un scrutin transparent n’étaient pas réunies. Les challengers ; Bien que six autres candidats aient concouru, la plupart ont été perçus par les analystes comme des « faire-valoir » ou des candidats de témoignage, incapables de mobiliser les masses face au budget de campagne massif du président sortant.

Une réélection et la question des mandats

Selon les résultats officiels, Denis Sassou-Nguesso a été réélu avec un score massif de 94,82 % des voix. Cette victoire lui permet d’entamer un cinquième mandat consécutif sous l’ère de la nouvelle Constitution de 2015.

Pour comprendre ce décompte, il faut distinguer deux périodes :

*La première ère (1979-1992) : Arrivé au pouvoir par les armes, il dirige le pays pendant 13 ans avant de perdre les premières élections pluralistes face à Pascal Lissouba.

*La seconde ère (Depuis 1997) : Revenu au pouvoir après une guerre civile, il est élu en 2002, puis réélu en 2009.

*Le verrou constitutionnel : En 2015, une réforme constitutionnelle a supprimé la limite d’âge et le verrou des deux mandats, lui permettant de briguer un troisième mandat en 2016, un quatrième en 2021, et désormais ce cinquième mandat en 2026.

Les enjeux d’un nouveau quinquennat

Malgré cette victoire nette, les défis restent colossaux. Le pays, fortement dépendant du pétrole, traverse une zone de turbulences économiques. La question de la succession reste le sujet tabou par excellence à Brazzaville, alors que le président entame ce mandat qui pourrait, en théorie, le mener jusqu’en 2031, totalisant ainsi près d’un demi-siècle à la tête de l’État.

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