Le Cameroun est actuellement dans l’attente des résultats officiels de l’élection présidentielle qui s’est tenue le dimanche 12 octobre 2025. Le processus post-électoral est marqué par une atmosphère tendue, des recours et la revendication prématurée de victoire par un candidat de l’opposition.
La proclamation des résultats : Un processus en cours
La loi électorale camerounaise confère au Conseil constitutionnel le rôle exclusif d’annoncer les résultats définitifs. Le calendrier prévoit que cette proclamation intervienne au plus tard le 27 octobre 2025.
Le contentieux électoral : Avant l’annonce finale, le Conseil constitutionnel examine les recours déposés par les candidats. Plusieurs candidats ont déposé des recours, réclamant principalement l’annulation totale ou partielle du scrutin pour cause de fraudes électorales présumées. Le Conseil, considéré par l’opposition comme proche du pouvoir, procède à l’étude de ces requêtes. En 2018, l’ensemble des recours avaient été rejetés, ce qui amplifie la méfiance de l’opposition quant à l’impartialité de cette instance. En attendant la décision officielle, les autorités ont mis en garde les partis contre toute annonce de résultats. L’ambiance est cependant électrique, avec des appels à la vigilance et des signes d’inquiétude parmi la population craignant des troubles post-électoraux.
Le cas Issa Tchiroma Bakary
Quelques jours après le scrutin, l’opposant Issa Tchiroma Bakary (ancien ministre et figure du Nord, candidat du FSNC) a créé la surprise en revendiquant publiquement sa victoire à l’élection, affirmant détenir les procès-verbaux prouvant “la vérité des urnes“. Contrairement à d’autres candidats de l’opposition, Issa Tchiroma ne fait pas partie des requérants qui ont déposé un recours en annulation devant le Conseil constitutionnel, ce qui est cohérent avec sa position de vainqueur présumé.

Il a récemment lancé un appel solennel aux Camerounais pour qu’ils se mobilisent pacifiquement en cas de proclamation de “résultats falsifiés et tronqués” par le Conseil constitutionnel. Il met ainsi une pression directe sur l’instance judiciaire.
Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti du président sortant Paul Biya, a qualifié la revendication de Tchiroma de “grotesque canular” et de “forfaiture inadmissible“, tout en réaffirmant attendre “sereinement les résultats officiels”.
Le sort politique d’Issa Tchiroma Bakary sera donc scellé par la décision du Conseil constitutionnel. Sa revendication de victoire, combinée à son appel à manifester, installe un bras de fer avec le pouvoir et place le candidat au centre de l’actualité politique en cette période de forte tension.