Nouvelle d'Afrique

BENIN – PRESIDENTIELLE 2026 : Le scénario se précise

À l’approche de l’élection présidentielle béninoise prévue pour le 12 avril 2026, le paysage politique se dessine autour de figures clés et de strictes exigences institutionnelles. Le scrutin, qui marquera le départ du Président Patrice Talon après son second et dernier mandat constitutionnel, s’annonce comme une étape cruciale pour l’alternance et la consolidation démocratique du pays.

Le candidat de la majorité : Romuald Wadagni

L’incertitude sur la candidature de la mouvance présidentielle a été levée en août 2025 avec la désignation de M. Romuald Wadagni, actuel Ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, comme le candidat officiel. Cet adoubement, qui confirme la volonté de Patrice Talon de respecter la Constitution et de ne pas briguer un troisième mandat, positionne M. Wadagni comme le favori naturel de la course.

Romuald Wadagni, Candidat de la majorité

Âgé de 49 ans et reconnu comme le maître d’œuvre des réformes économiques majeures de la décennie écoulée, Romuald Wadagni forme un duo avec l’actuelle Vice-Présidente, Mme Mariam Chabi Talata, désignée pour être sa colistière. Ce tandem mise sur la continuité des performances économiques et la stabilité politique.

Les difficultés de l’opposition

Du côté de l’opposition, la voie vers la présidentielle est semée d’embûches, principalement en raison de la règle du parrainage. Introduite par une révision constitutionnelle en 2019, cette exigence impose à tout candidat de recueillir les signatures d’au moins 10 % du total des députés et des maires du pays, soit un minimum de 18 parrainages. Or, la majorité des élus sont affiliés aux partis soutenant l’actuel pouvoir.

Le principal parti d’opposition, Les Démocrates (fondé par l’ancien Président Boni Yayi qui a renoncé à se présenter), a connu des difficultés majeures dans le processus de validation de ses candidatures. Récemment, la Commission électorale nationale autonome (CENA) a annoncé le rejet de la candidature d’un de leurs principaux représentants, Renaud Agbodjo, faute de parrainage jugé valide.

Néanmoins, l’opposition cherche à s’organiser autour d’autres personnalités comme Paul Hounkpè (dont la candidature a été qualifiée) ou l’activiste panafricaniste Kémi Séba, qui s’est déclaré candidat mais dont la possibilité d’obtenir le parrainage reste incertaine.

Le défi du parrainage

En définitive, l’élection de 2026 se jouera en grande partie sur la capacité des prétendants à franchir le filtre du parrainage, une condition qui polarise fortement la scène politique béninoise. Avec seulement quelques candidats qualifiés ou en bonne voie, le scrutin d’avril 2026 s’oriente vers un affrontement direct entre la majorité sortante et une opposition fragmentée et contrainte.

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