BENIN-PRESIDENTIELLES/ Des opposants arrêtés

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Messieurs Bio Dramane Tidjani et Mamadou Tidjani, deux cadres du parti Les Démocrates, sont en prison depuis lundi 1er mars 2021, après avoir été entendus par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme.

Ils ont été inculpés « pour association de malfaiteurs et terrorisme » et accusés d’avoir reçu des fonds pour recruter des jeunes en vue de saboter le processus électoral. Les prévenus rejettent évidement cette accusation.

Pour Rekya Madougou, la présidente du parti Les démocrates, Bio Dramane Tidjani et Mamadou Tidjani sont des « otages politiques » et les « accusations à leur encontre sont tout simplement fantaisistes ». 

En début de soirée du mercredi 3 mars à Porto Novo, Reckya Madougou, candidate recalée pour la présidentielle du 11 avril du parti d’opposition Les Démocrates a été arrêtée par la police républicaine. Elle venait d’achever une conférence publique avec d’autres candidats de l’opposition dont les dossiers ont été également rejetés. Reckya Madougou se trouve actuellement en garde à vue dans les locaux de la brigade criminelle selon son avocat Me Me Renaud Agbodjo. C’est le procureur spécial de la Criet, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, qui a signé son mandat d’amener.

Également dans le collimateur de la justice: l’opposant et riche homme d’affaires, Sébastien Ajavon, qui vit en exil en France et a déjà écopé en 2018 de 20 ans de prison pour trafic de drogue vient d’être condamné par contumace à cinq (05) ans de prison ferme pour « faux, usage de faux et escroquerie ».

De son côté, son avocat, déclare que cette «nouvelle condamnation prouve une fois de plus, la volonté du président Patrice Talon de museler son opposant direct en l’empêchant de se présenter à la prochaine élection présidentielle».

« Pas de chasse aux opposants« 

Ni Sébastien Ajavon en exil, ni Rekya Madougou, faute de parrainages, ne participeront pas à la présidentielle du 11 avril au Bénin. Patrice Talon, le président sortant, faute d’adversaire de poids, semble donc bien placé pour l’emporter et réaliser un deuxième mandat.

Le gouvernement béninois se défend  » il n’y a aucune chasse aux opposants. Il s’agit de prévenir et de décourager tout acte de violence ou d’appel à l’incivisme et c’est dans ce cadre que s’inscrit l’action de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme qui a entrepris d’écouter certaines personnalités politiques », dit le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication et des Postes, Alain Orounla.

L’opposition dénonce un scrutin verrouillé par le président sortant, mettant notamment en exergue une nouvelle disposition de la loi électorale qui impose à chaque candidat d’être parrainé par 16 maires ou députés.

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