PRÉSIDENTIELLE AU BURKINA/ Roch Kaboré en tête des résultats partiels

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Le président sortant du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, qui brigue un second mandat, devançait mercredi ses adversaires, selon les résultats partiels de la présidentielle du 22 novembre annoncés au compte-gouttes par la commission électorale nationale indépendante (Céni). 

Selon les résultats provisoires de 196 communes, ambassades et consulats généraux (sur 368), égrenés par la Céni, M. Kaboré a recueilli 58,14% des voix, contre 14,25% pour le chef de file de l’opposition, Zephirin Diabré et 13,62% pour Eddie Komboïgo, le président de l’ex-parti au pouvoir. La Céni a une semaine pour proclamer les résultats. 

Le président Kaboré, souvent taxé « d’immobilisme » face aux attaques jihadistes, vise comme en 2015, une victoire au premier tour de ce scrutin considéré comme le plus ouvert de l’histoire du Burkina, pays pauvre d’Afrique de l’Ouest qui a connu de multiples coups d’Etat depuis son indépendance.

Une victoire dès le premier tour lui permettrait d’éviter un second tour contre un candidat soutenu par l’ensemble de l’opposition.

Le double scrutin présidentiel et législatif s’est déroulé dimanche sous haute tension sécuritaire, le Burkina Faso vivant ses heures les plus sombres depuis l’indépendance, miné par des attaques de groupes jihadistes qui ont fait au moins 1.200 morts en cinq ans.

Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, Mohamed Ibn Chambas, s’est félicité mercredi du « déroulement pacifique du processus électoral », après une entrevue avec le président Kaboré. 

Il a aussi évoqué les protestations de l’opposition qui ont menacé de pas reconnaître les résultats. 

« Le processus n’est pas encore achevé. Les Nations unies s’associent aux efforts de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), de l’Union africaine (UA) et de l’OIF (Organisation internationale de la francophonie) pour encourager vivement les acteurs politiques à permettre la poursuite du processus électoral dans les meilleures conditions et à recourir aux voies constitutionnelles et légales existantes pour régler les contentieux éventuels », a-t-il dit. 

Une mission tripartite de la Cédéao, de l’ONU et de l’UA, présente au Burkina pour observer le scrutin, a de son côté rencontré des membres de l’opposition et de la majorité pour une « diplomatie préventive », selon un membre de la mission.  

L’opposition burkinabè a estimé lundi que le scrutin était « émaillé de fraudes » et a menacé de « ne pas accepter des résultats entachés d’irrégularités ». Elle avait déjà affirmé, à la veille du scrutin, qu’une « fraude massive » était en préparation. 

Parmi les griefs cités par l’opposition figurent la non-ouverture ou l’ouverture tardive de bureaux de votes, le transport non sécurisé des urnes, le manque de matériels ou de personnels ou encore la modification arbitraire de la cartographie des bureaux de vote.

Les partis de la majorité présidentielle ont appelé mardi au « respect des résultats » du scrutin, considérant que « les insuffisances relevées, bien que regrettables, ne sont pas d’une ampleur susceptible d’impacter de manière significative le résultat du scrutin ».  

Une manifestation de l’opposition, initialement prévue mercredi matin devant le centre de compilation et de consolidation des résultats, a finalement été annulée. 

Les élections n’ont pas pu se dérouler sur au moins un cinquième du territoire, privant entre 300 et 350.000 personnes de vote, selon la commission électorale. 

SOURCE : AFP

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