L’Europe se prépare pour contenir la deuxième vague des cas de coronavirus

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La pression politique a augmenté lundi pour que les gouvernements européens s’attaquent au nombre croissant de cas de coronavirus sans recourir à nouveau au confinement qui toucherait les économies déjà en difficulté.

Les données publiées par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies indiquent que cinq pays de l’Europe ont enregistré plus de 120 cas confirmés pour 100 000 habitants au cours des 14 derniers jours. L’Espagne, est en tête tableau, avec presque toutes ses régions, suivie du sud de la France, la République tchèque, la Croatie et la Roumanie.

En Espagne, le Premier ministre Pedro Sánchez a rencontré lundi la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, pour coordonner une riposte à la pandémie alors que le pays se bat pour contenir une deuxième vague de contamination.

Díaz Ayuso, qui dirige une coalition de centre-droit, a été l’une des principales critiques du gouvernement central de gauche alors même que sa propre administration a été accusée de ne pas avoir investi suffisamment de ressources dans les soins primaires ou les traceurs de contacts pour identifier de nouvelles sources possibles de contagion dans la capitale.

Le taux d’infection de Madrid est de 683 cas pour 100.000 habitants au cours des deux dernières semaines est près de trois fois plus élevé que la moyenne nationale. La police de la capitale espagnole et des villes environnantes a commencé à empêcher les gens d’entrer et de sortir des quartiers populaires qui ont connu des taux de transmission sur 14 jours supérieurs à 1.000 pour 100.000 habitants. La mesure s’est heurtée à des protestations de personnes qui pensent que les restrictions stigmatisent les pauvres.

Quelque 860.000 habitants sont concernés par les nouvelles restrictions et doivent justifier leurs déplacements hors de leur quartier pour des raisons professionnelles, d’études ou médicales. Les parcs sont fermés et les commerces et restaurants doivent limiter leur occupation à 50% dans les zones concernées.

Les autorités affirment que ceux qui ne sont pas en mesure de justifier leur voyage devront payer des amendes à partir de mercredi. Le COVID-19 a tué au moins 30 000 personnes en Espagne depuis le début de l’épidémie, selon le ministère de la Santé.

En République tchèque, le ministre de la Santé, Adam Vojtech, a rendu sa démission lundi devant l’augmentation record des infections à coronavirus, affirmant que sa décision devrait créer un espace pour une nouvelle approche de riposte face à la pandémie. Ce pays de l’Europe centrale a bien résisté à la première vague d’infection au printemps, mais a du mal maintenant pour faire face à l’augmentation record de nouvelles contaminations. Le pays a enregistré plus de 3.000 nouveaux cas, en milieu de la semaine dernière.

La République tchèque a eu un total de 49 290 personnes infectées et 503 décès depuis le début de la pandémie.

La Pologne voisine connaît également une augmentation du nombre de nouveaux cas que les experts associent au retour dans les écoles et les bureaux, avec un record de 1.002 signalé samedi dernier et près de 750 ce lundi.

Du côté de l’ile Britannique, le directeur médical britannique Chris Whitty et le directeur scientifique Patrick Vallance ont averti lundi que les taux d’infection dans le pays allaient dans une « mauvaise direction » et que le Royaume-Uni va faire face à un hiver difficile.

Le Premier ministre Boris Johnson a tenu plusieurs reunions avec des ministres ce week-end pour discuter de la réaction du gouvernement. Les analystes s’attendent à ce que le gouvernement annonce une série de restrictions à court terme qui agiront comme un «disjoncteur» pour ralentir la propagation de la maladie.

Alors que les taux de mortalité en Grande-Bretagne sont restés relativement faibles récemment, avec une moyenne sur sept jours de 21 décès par jour, contre un sommet de 942 le 10 avril, les responsables de la santé publique préviennent que les décès sont susceptibles d’augmenter.

En France, il est préoccupant que les infections, qui affectent actuellement les personnes en âge de travailler, puissent réapparaître dans la population âgée vulnérable et entraîner une augmentation du nombre de décès. Les autorités sanitaires françaises ont commencé à ouvrir de nouveaux centres de dépistage en région parisienne pour tenter de réduire les files d’attente et les retards alors que le nombre d’infections virales augmente régulièrement.

Au total, 20 nouveaux centres de tests devaient ouvrir dans la semaine en cours dans la capitale française et sa banlieue. Patricia Sakoun, dont le fils a été testé positif, est venue dans l’un des nouveaux centres parisiens dans l’espoir de se faire dépister rapidement.

«Je leur ai juste dit que j’étais malade, que j’avais besoin de résultats rapidement et ils m’ont dit que les résultats seraient prêts dans sept jours», a-t-elle déclaré à l’Associated Press.

Les français sont invités à passer le test gratuitement, qu’ils présentent des symptômes ou non. Les infections en France ont atteint un nouveau record ce week-end avec plus de 13 000 nouveaux cas en 24 heures. Il y a eu au moins 31 285 décès dans le pays depuis le début de la pandémie – l’un des plus hauts taux de mortalité en Europe.

La chancelière allemande Angela Merkel a rencontré également lundi des membres de son «cabinet de coronavirus» pour discuter des mesures visant à empêcher une deuxième vague. Le gouverneur de Bavière, Markus Soeder, a averti que les conditions pourraient empirer à mesure que les températures chuteraient dans les semaines à venir et que les gens passeraient plus de temps à l’intérieur.

La capitale de l’État, Munich, a imposé des restrictions locales à partir de jeudi prochain pour contenir ses taux d’infection galopants, notamment en limitant le nombre de personnes autorisées à se réunir en public à cinq ou aux membres de deux ménages, et en plafonnant les rassemblements privés à l’intérieur tels que les anniversaires, les mariages ou funérailles à 25 personnes. «Nous devons réduire considérablement le nombre de personnes qui se réunissent», a déclaré le maire Dieter Reiter, critiquant le fait que les populations ne respectent plus les règles de distanciation sociale. La ville a enregistré 56 cas pour 100.000 habitants la semaine dernière.

Alors que l’Allemagne dans son ensemble a connu une augmentation moins importante des nouvelles infections que de nombreux autres pays européens, le ministre de la Santé Jens Spahn a averti que les pics observés dans les pays voisins affecteraient également le nombre de cas allemands.

Le gouvernement prévoit bientôt d’offrir des tests plus rapides et d’ouvrir des «cliniques de fièvre» sans rendez-vous pour séparer les patients présentant des symptômes de type COVID des autres. Spahn a averti que les mariages, les bars, les clubs, les réunions religieuses et familiales sont devenus les principaux sites de propagation du virus. «Le virus est le trouble-fête, pas nous», dit-il.

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